10 ans après la tragédie d’Uzbeen : « La victoire a cent pères, mais la défaite est orpheline » (JF Kennedy).

Ancien Chef de corps du 8ème RPIMA (Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine),  le Général Vincent GUIONIE a été nommé depuis fin Août Commandant des Forces Terrestres (CFT).

Dans une interview parue hier 2 Octobre 2018 sur le site officiel Armée de terre , le Général GUIONIE explique en premier lieu, en quoi consiste sa fonction et reconnait être : « à la fois le chef organique de ce qu’on appelle justement les forces terrestres…. et l’autorité fonctionnelle qui s’assure que l’ensemble de l’armée de Terre soit au niveau opérationnel requis pour remplir les missions qui lui sont confiées… .»

S’agissant de décrire les qualités nécessaires et le rôle des forces terrestres dans la gestion globale des crises, le nouveau commandant des forces terrestres répond : « Depuis la professionnalisation, nous pouvons dire que les unités de l’armée de Terre engagées en opération n’ont jamais été mises en échec…».

A la lecture de cette partie de réponse donnée, nous aurions préféré lire, venant de la part du nouveau CFT, que : Depuis la professionnalisation, les unités de l’armée de terre n’ont presque ou quasiment jamais été mises en échec.

Car, est-ce à dire que la tragique embuscade des 18 et 19 Août 2008 dans la vallée d’Uzbeen (Afghanistan), dans laquelle 10 de nos soldats perdirent la vie, n’a pas été un échec ?

Et pourtant, sans aucun souhait de relancer une polémique qui serait fort inconvenante, d’autant plus à seulement quelques semaines passées depuis le 10ème anniversaire de cette dramatique embuscade d’Uzbeen, rappelons les propos du Général Christian Baptiste, alors porte-parole du Ministère au moment des faits reconnaissant  publiquement que : « l’appréciation de la situation au regard des résultats» ce jour-là «n’a pas été bonne».

Des questions à ce jour, restent toujours sans réponses sur les conditions de cette embuscade meurtrière pour notre armée de terre (Le mutisme incompréhensible des mortiers.  Les manques de reconnaissance préalable, de renseignements, de munitions, pas d’appui de feu. Absence de commandement sur le terrain pour coordonner les unités…).

Des familles continuent à vivre l’absence de leur fils, frères, époux et pères sans jamais connaitre les réelles circonstances de leurs disparitions. Dans une interview donnée à La Dépêche le 18 Août 2018, Aurore Buil, 37 ans, l’épouse de Damien Buil, soldat du 8e RPIMA mort lors de cette attaque, confie : «De nombreuses questions restent sans réponse et malheureusement les responsables de cette mission n’ont pas assez de cran pour parler et avouer les manquements et fautes qui ont entraîné cet assassinat. Un général m’a avoué un jour : «Nous avons péché par excès de confiance». Tout est dit ! Nos soldats sont partis au combat sous-équipés. Mon mari avait même dû s’acheter lui-même de l’équipement supplémentaire.»

Ainsi, il y eut l’après Uzbeen, donnant lieu à de nombreuses remises en question en matière d’entraînement, de stratégies de combat, d’apport d’armes et matériels qui, incontestablement, ont renforcé l’excellence de nos forces armées sur tous les théâtres de conflits internationaux . Ne dit-on pas que ”Les erreurs ont toujours été les plus grands professeurs.” Erreur que le nouveau Commandant des forces terrestres ne semble pas, manifestement consentir.

« La victoire a cent pères, mais la défaite est orpheline » (John Fitzgerald Kennedy).

 

 

 

 

 

 

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