Honneur et respect enfin rendus aux Poilus blessés psychiques !

À l’occasion du Centenaire de la Première guerre mondiale, le cimetière de Cadillac (Gironde) dont une partie est dédiée aux Poilus victimes du syndrome post-traumatique sera à l’honneur demain 11 Novembre.

Le maire de Cadillac Jocelyn Doré espère redonner à ces Poilus une existence dans l’histoire de la Grande Guerre ce 11 novembre avec le président de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset, en inaugurant une plaque dévoilée afin d’expliquer l’importance du cimetière des oubliés. Un point de départ pour le devoir de mémoire dû à des milliers de soldats en souffrances psychiques. Ces mêmes souffrances psychiques  aujourd’hui considérées comme blessure de guerre, au titre du Syndrome Post-Traumatique.

Grâce à la motivation et l’engagement de personnes qui se mobilisent et fondent en 2008 l’Association du cimetière des oubliés, un projet de construction de parking qui aurait rasé le cimetière et le carré militaire, a pu être évité.

Respect et honneur enfin seront rendus aux soldats blessés psychiques de la Première guerre mondiale, qui eux aussi ont donné leur vie pour la France !

 

Ils s’appelaient Étienne, Victor, Henri… Mais souvent, les croix rouillées des tombes des poilus ne portent plus de noms. Au «cimetière des fous» de Cadillac, seule une vieille plaque en pierre des anciens combattants de la Gironde rappelle «la mémoire de leurs camarades mutilés du cerveau, victimes de la guerre 14-18».

Les cas les plus graves, «chroniques ou incurables» sont envoyés à Cadillac, surtout durant les années 14-19 mais d’autres soldats furent internés plus tard, victimes de stress post-traumatique. Sur les 565 soldats recensés de 1914 à 1925 par le professeur de médecine légale M. Bénézech qui a fait de nombreuses recherches sur ce cimetière, 31% souffrent de «mélancolie», une dépression grave due à ce qu’ils ont vécu au front.

«Ils refusaient de s’alimenter, ils voulaient mourir. Beaucoup étaient nourris à la sonde. Les antidépresseurs n’existaient pas à cette époque. C’était un autre monde», relate M. Bénézech, qui fut jeune médecin de l’hôpital psychiatrique dans les années 70.

Plusieurs dizaines de milliers de poilus ont séjourné dans les asiles d’aliénés en France et «mais à ma connaissance, c’est le seul où il y a un carré militaire», note l’«historien» de l’hôpital et de son cimetière.

Depuis 2010, le carré des combattants et le mur de clôture sont classés monument historique. La région Nouvelle-Aquitaine et la commune entendent maintenant valoriser ce lieu du souvenir, situé face à la caserne des pompiers.

AFP

Crédit photo : Wikicommons.

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