La France consent rouvrir des demandes de visa d’ex-traducteurs Afghans de nos forces armées !

Le 29 Octobre dernier, vous aviez été nombreuses et nombreux à réagir à notre  publication sur la mort de Qader Daoudzai, un ex-interprète de l’armée française en Afghanistan. Il fut tué à Kaboul le samedi 20 octobre dernier lors d’un attentat-suicide dans un bureau de vote, durant les élections législatives dans le pays.

Rappelons que Qader Daoudzai avait fait une demande de visa pour la France en 2015. Mais elle avait été rejetée, comme celles de 151 autres interprètes afghans. Des refus qui signaient alors une condamnation à mort certaine pour ces anciens interprètes car nul besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre qu’aux yeux des Talibans, ceux qui ont travaillé avec des militaires étrangers sont des cibles-traîtres à éliminer.

Or le 2 Novembre dernier, le Journal web de la chaîne d’informations France 24 annonce que :

La France doit envoyer une mission pour rouvrir certaines demandes de visa en suspens depuis des années.

Toujours selon les propos rapportés par France 24 :

La France devrait réexaminer les dossiers des anciens interprètes afghans de l’armée française à partir de la mi-novembre, à la demande du président français, selon l’association des interprètes afghans de l’Armée française. Cette décision, qui était une promesse de campagne d’Emmanuel Macron, intervient après des années de contentieux et des situations dramatiques pour ceux restés en Afghanistan, à défaut d’avoir eu un visa pour la France.

Paris devrait envoyer une mission à l’ambassade de France à Islamabad, au Pakistan, à partir du 15 novembre afin d’étudier les dossiers de ses anciens traducteurs, le service consulaire de l’ambassade de France à Kaboul étant fermé pour raison de sécurité.

Pendant la campagne électorale en 2017, le candidat Macron avait qualifié de « trahison » le comportement de la France à l’égard des Afghans qui ont travaillé pour l’armée française, allant jusqu’à comparer leur sort à celui des « harkis ».

Pourtant, presque deux ans se sont écoulés depuis cette promesse et ils sont encore près de 150 à attendre un visa pour la France. «Depuis 2013, la France a rapatrié 173 anciens collaborateurs afghans de l’armée, mais le dispositif de relocalisation prévu n’a pas permis d’assurer la protection de l’ensemble des personnes qui auraient mérité d’en bénéficier», regrette Caroline Decroix, vice-présidente de l’association des interprètes afghans de l’Armée française, jointe par France 24.

«La France se base sur des critères subjectifs autres que la menace qui pèse sur ces interprètes restés en Afghanistan. La ‘capacité d’intégration en France’ notamment est un critère fourre-tout», souligne Caroline Decroix, qui craint que le réexamen annoncé par la France ne se fasse selon des appréciations identiques.

Gageons que la promesse de campagne du Président E. MACRON soit enfin tenue, se rappelant au sort honteux que fut celui des « harkis ». Il est une certitude : ces hommes ont prouvé leur engagement pour la nation. Collaborateurs engagés, ils le furent au prix de leur vie, encore à cet instant.

Nous soulignons tout de même, que selon les propos rapportés de Caroline Decroix à France 24 : « Quelque 90 % des interprètes afghans laissés sur le carreau sont des anglophones. C’était le cas de Mohammad Qader, tué dans l’attaque à Kaboul ». « Les autorités françaises estiment qu’ils (les interprètes anglophones) ne maîtrisent pas la langue française et ne peuvent donc pas s’intégrer ». Soyons sérieux,  l’histoire des flux migratoires de notre pays prouve encore aujourd’hui que la non maîtrise de la langue française ne représente en rien un motif de refus de visa pour fouler la terre de France. Il suffit juste d’allumer son poste de télévision ou de consulter les journaux pour en avoir la preuve depuis des mois et des semaines, si tant est que l’on en doute encore !

Que cesse l’injustice en permettant à ses ex-interprètes qui ont servi notre nation de trouver un toit et la sérénité d’une vie familiale, sous nos cieux.

Mercedes CREPIN

 

Crédit photo : AFP/GETTY IMAGES

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