TERMINATOR s’en va-t-en guerre !

Il sont une réalité incontestable depuis plusieurs années, les robots tueurs ou appelés communément SALA (Système d’Armes Létales Autonomes) n’ont de cesse d’être expérimentés. Citons la firme américaine BOSTON DYNAMICS, qui a son seul niveau, développe depuis 20 ans des futurs robots dédiés à la guerre. Qu’ils se déclinent sous forme de machines bipèdes ou quadrupèdes, ils augurent de capacités impressionnantes de combat .

Qu’on se le dise, s’agissant soit de robots particuliers, soit de drones autonomes ou de véhicules armés sans occupant, l’arrivée de ces futurs Terminators programmés pour tuer froidement leurs cibles, désormais n’est plus du domaine de la science-fiction. Ce genre de robots de combats pourraient débarquer sur les théâtres de conflits d’ici quelques années en lieu et place des soldats voire à leurs cotes.

La guerre robotisée est déjà en marche. L’évolution de la stratégie militaire est de plus en plus guidée par des logiciels intelligents. Sur le terrain, nombreuses sont les missions déléguées aux robots militaires : reconnaissance, surveillance, déminage… Des robots-vigiles Techwin, élaborés par Samsung, vadrouillent ainsi dans la zone démilitarisée entre les deux Corées. Les drones qui survolent le Yémen et l’Afghanistan sont pilotés à grande distance par des militaires confortablement installés dans un fauteuil.

L’idée de l’autonomisation fait son bonhomme de chemin. Pour exemple, le département américain de la Défense envisage déjà « de réduire graduellement le degré de contrôle humain et de décision requis » pour les systèmes sans pilote. Sous-traiter la fonction de tuer à la technologie, c’est ne pas s’exposer à trop de pertes humaines. C’est aussi pallier les inconvénients des systèmes télécommandés, où le « facteur humain » fait que les temps de réactions sont jugés trop lents.

Une fois les premiers modèles opérationnels ouverts au marché, l’absence de réglementation dans le domaine des SALA ou robots tueurs, laisse augurer d’une course à l’armement qui pourrait s’avérer dangereuse. D’où les levers de boucliers en provenance des ONG mais aussi en provenance du monde des hautes technologies. En effet, ces derniers craignent avec raison, que des achats non contrôlés de SALA aient pour seul objectif l’extermination de masses, mais aussi mettent en garde contre la possibilité de dépassement du contrôle humain.

 

En l’absence d’accord entre les états pour les interdire, il serait alors question de trouver des solutions pour «humaniser» ces futurs Terminators  afin qu’ils se comportent de façon « morale » sur les théâtres de guerre. Il s’agirait de les doter d’un code de valeurs propre aux combattants. C’est d’ailleurs ce que préconise le Lieutenant-colonel de l’armée française Brice ERBLAND dans son ouvrage Robots tueurs, aux éditions Armand Colin. Il montre ce que pourrait être un SALA pouvant faire preuve de suffisamment de discernement pour se comporter comme des soldats. Autrement dit, ces robots autonomes de combat devraient avoir une éthique mais artificielle. On ne parlerait alors plus de SALA, mais plutôt de SALMA (Systèmes d’Armes Létales, Moralement Autonomes).

En attendant les 88 états concernés restent majoritairement d’accord sur le besoin impératif de maintenir un contrôle humain sur les SALA . En 2019 un nouveau traité doit être proposé. A suivre avec une attention particulière.

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