L’armée française en manque d’hommes : des changements opérationnels s’imposent.

Lors de la dernière réunion du 15 mai de la commission sénatoriale des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, son président Christian Cambon a annoncé une situation de *disette* s’agissant du recrutement au sein des forces armées françaises.

Il a bien sur été question des livraisons de matériels et équipements, de travaux actuels et futurs mais aussi des recrutements effectués :

“Pour les recrutements, le rapport met en évidence un déficit de 583 emplois depuis le 1er janvier 2019”, indique Christian Cambon avant de préciser qu’aucun groupe militaire n’échappe à la disette. “Il manque 100 recrutements d’officiers (…) 300 sous-officiers, dont deux tiers dans l’armée de l’Air et un tiers dans la Marine (…) et il manque 150 militaires du rang (soldats spécialisés dans un domaine comme la conduite de chars, l’électricité, le secrétariat… NDLR)”.

Le déficit d’effectif en est arrivé à un tel point qu’il a permis de dégager 214 millions d’euros d’excédents pour financer le surcoût des opérations extérieures (Opex) et intérieures (Sentinelle) de 2018.

La question s’est alors posée de connaitre les raisons de ce manque d’hommes et femmes en son sein ? Pourquoi l’armée française ne parvient pas à compenser les démissions, les détachements voire changements temporaires d’unité ou nouvelles affectations, les ruptures de contrats ou encore les départs à la retraite.

Selon le sénateur Christian Cambon, il est un constat, celui que ces difficultés sont la seule conséquence “d’un problème d’attractivité de nos armées dans un environnement de plus en plus concurrentiel avec le secteur privé”.

Nous ne pouvons qu’être d’accord avec le sénateur Cambon s’agissant de l’ attractivité des conditions de travail et rémunérations concurrentiels du privé car incontestablement elle est bien une cause de départ qui remonte souvent à la rédaction du Journal Le Conscrit : la solde (salaire) jugée insuffisante pour nombreux soldats mais aussi leur famille considérant qu’au vu des conditions de travail de leurs hommes (cadence intensive dans les rotations Opex et Sentinelle entre autres), ces derniers sont payés “à coups de lance-pierres“. A cela s’ajoutent l’incertitude de nos soldats dans l’attente des prochaines réformes de retraite et politique de rémunérations .

In fine, doit-on se réjouir de l’excédent dégagé de 214 millions d’euros au profit des Opex et Opint quand parallèlement il est acté que nos forces armées françaises sont en effectif réduit ?

C’est comme imaginer une équipe de rugby, bien qu’ayant profité du meilleur entrainement avec des équipements renouvelés, jouant un match en effectif réduit sur terrain (enlevons pour l’exemple 2 joueurs, un en 1ère ligne et un en 2ème ligne !) contre une équipe adverse dont l’effectif est à taux plein ! Même sans être connaisseurs, nous pouvons imaginer facilement les conditions d’offensive et de défensive entre les deux équipes numérairement différentes….

On comprend alors que le président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères et des Forces armées, Christian Cambon, ait estimé lors de cette dernière réunion du 15 mai que le déficit d’effectif “remet en cause la capacité du ministère à remonter en puissance” et que “des changements organisationnels seront sans doute nécessaires”.

Les échanges mériteront assurément, intérêt et remises en question sur le sujet d’une réorganisation opérationnelle lors du prochain rendez-vous avant le 30 juin, entre le sénateur Cambon et la ministre des Armées, Florence Parly.  A suivre….

La rédaction

Mercedes CREPIN

Crédit photo : Pixabay.

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