Oui à une simplification de plus de 170 primes militaires mais pas au détriment des acquis des soldats !

A ce jour, sans déclaration officielle sur l’énorme chantier en cours que représente la nouvelle politique de rémunération des militaires (NPRM), sujet à interrogations voire anxiogène pour la majorité de nos militaires, nous avons souhaité vous relayer les affirmations du Secrétaire Général pour l’Administration (SGA) Jean-Paul BODIN, s’agissant pour lui d’expliquer les travaux en cours sur le sujet devant La Commission de la Défense et des Forces armées.

« … redonner de la lisibilité à la rémunération des militaires, sortir d’un système difficilement décryptable dans lequel coexistent plus de 170 primes, répondre aux impératifs de gestion des ressources humaines, fiabiliser les modalités de calcul de la solde et garantir une bonne maîtrise de la masse salariale » et de rajouter : « L’idée générale est de substituer au système complexe de plus de 170 primes un dispositif beaucoup plus clair.»

Poursuivant dans les détails, le SGA continue d’expliquer que : « nous avons pour ce faire, considéré l’ensemble des primes et indemnités, que nous sommes en train de répartir en huit thèmes » soit :

  1. Sujétion et obligations du militaire. Cela correspond à la compensation de la disponibilité attendue des militaires. Aujourd’hui, l’élément de compensation principal est l’indemnité pour charge militaire : la question est de savoir comment la faire évoluer.

  2. Parcours professionnels et exercice de responsabilités. Cela est lié à la détention d’une qualification professionnelle.

  3. Engagements opérationnels. Cela a trait à la compensation de l’absence engendrée par les périodes d’engagement opérationnel.

  4. Activités spécifiques de milieu. Cela correspond, par exemple, aux emplois de sous-mariniers, de pilotes, c’est-à-dire à haut niveau d’exigence.

  5. Qualifications et compétences. Il s’agit de toutes les primes prévues pour conserver les compétences au sein du ministère et éviter que les personnels, une fois formés, ne partent.

  6. Commandement et performances. Cela a trait à la valorisation des postes de commandement et de responsabilité. Il est en effet possible, dans le déroulement des carrières, d’avoir un grade supérieur et un poste de commandement et de perdre en rémunération en fonction par exemple des postes occupés en administration centrale ou sur le terrain : il y a là certaines disparités qu’il faut veiller à corriger.

  7. Mobilité. Cela a trait à la façon d’indemniser la mutation de façon plus simple et homogène, et entraîne en outre une réflexion sur les actions à mener en matière de politique du logement : est-il plus opportun d’apporter une aide à la pierre ou à la personne ? Nous nous sommes aperçus que l’aide à la personne ne permettait pas de répondre aux tensions rencontrées par exemple en région parisienne et dans certaines grandes agglomérations et qu’il fallait un mix, c’est-à-dire à la fois un parc de logements réservés pour le personnel et des primes visant à compenser la mobilité.

  8. Garnison. Cela correspond aux indemnités de résidence, qui varient selon les zones du territoire dans lesquelles on se trouve affecté.

Parmi les 8 thèmes abordés, certains attirent immanquablement l’attention. Par exemple, s’agissant de : l’élément de compensation principal est l’indemnité pour charge militaire (ICM) : la question est de savoir comment la faire évoluer, il est incontestable que pour tous les militaires l’ICM est un acquis fondamental, y toucher à la baisse ou la faire disparaître serait une grave erreur, dont les conséquences viendraient encore affaiblir une fidélisation en perte de vitesse !

Autre exemple : Mobilité…Cela a trait à la façon d’indemniser la mutation de façon plus simple et homogène et entraîne en outre une réflexion sur les actions à mener en matière de politique du logement : est-il plus opportun d’apporter une aide à la pierre ou à la personne ?  Doit-on comprendre qu’une revue à la baisse de la MICM (Majoration de l’indemnité pour charges militaires) est en vue ? De surcroît, en poussant l’analyse on serait également tenté de comprendre que les sommes correspondantes récupérées, serviraient à être réinjectées dans un supposé élargissement du parc de logements collectifs. Quand on connait la gestion lamentable du parc actuel de logements attribués aux familles, on est en droit de se demander pourquoi baisser la MICM. Car là encore, ce serait toucher à un acquis incontestable pour les militaires et leur famille au profit d’un système qui ne fonctionne pas ! Au contraire, revoir à la hausse la MICM et permettre à toutes les familles qui veulent devenir propriétaires de continuer à en bénéficier au moins les 6 premiers mois de propriété, serait très certainement une bonne évaluation en matière d’amélioration de leurs conditions de vie. Enfin, réévaluer à la hausse la MICM réduirait assurément le taux de célibat géographique pour le grand bonheur de nombreuses familles !

En conclusion, oui pour une simplification de plus de 170 primes dans un seul but d’amélioration de la qualité de vie des soldats et leurs familles. Le contraire serait une grave désillusion pour nos forces armées qui n’ont que trop subi.

Nous ne manquerons pas de vous transmettre les premières annonces officielles sur le sujet, attendues le 30 Novembre prochain.

La Rédaction.

 

Crédit photo : Ludovic MARIN / AFP ARCHIVES.

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