Piqûre de rappel : nos soldats sont aussi des pères de famille et conjoints !

En cette fin de semaine, la rédaction du Journal Le Conscrit a choisi de réagir suite à la lecture du témoignage dans la presse écrite d’un officier d’active dans un régiment d’infanterie de l’armée de Terre évoquant ses départs en Opex vécus difficilement pour ses enfants et son épouse. Il s’agit, non pas de reprendre les paroles légitimes de ce militaire que nous avons lues avec compréhension et respect, mais d’analyser les réactions provoquées suite à cette interview, qui méritent une piqûre de rappel !

Car s’il est une réalité incontestable selon l’article 2 du code du soldat dans les rangs de l’armée de terre :

Rejoindre l’armée de Terre n’est pas un engagement à prendre à la légère. Comme stipulé dans l’article 1, on s’engage pour la défense de son pays, ce qui
implique un investissement total du soldat. Il est important de prendre conscience que lorsque l’on part en mission, on peut être amené à donner ou recevoir
la mort, l’armée n’est pas un jeu vidéo. Les enjeux et les risques sont réels.

Vous en conviendrez toutes et tous, il n’est stipulé nulle part que nos soldats n’en restent pas moins des hommes, qui comme nous toutes et tous, parallèlement à leur engagement professionnel, construisent eux aussi, une famille avec conjoint(e) et enfants. Alors quoi de plus normal pour nombre d’entre eux , au moment des départs en Opex pour plusieurs mois, que d’évoquer leur déchirement autant que celui de leurs enfants et conjoint(e)s. Quoi de plus humain que de mettre en lumière, que quitter sa famille pour partir exercer sa mission au service de la nation, parfois jusqu’à 8 mois, est aussi une douleur et une peur de ne peut-être plus jamais retrouver les êtres aimés !

Et pourtant à la lecture de commentaires lus çà et là, il semble que le coté humain, une fois de plus soit un non-sens, voire incompatible avec le devoir d’engagement militaire : « ils ont signé pour partir » ou « ils sont payés pour partir, qu’ils assument » voire « de mon temps on ne se plaignait pas ! » ou encore : « C’est son métier, sa vocation. C’est le risque du métier » etc……

Petite piqûre de rappel faisant suite aux commentaires cités : en quoi exprimer ses sentiments en tant que père ou époux est-il recevable comme une plainte sur la condition de militaire ? En quoi évoquer ses sentiments en tant qu’homme sur le départ en Opex, conteste la légitimité d’une signature sur le bas du contrat d’engagement militaire ?

Que cessent ces semonces d’une autre époque, nos militaires n’ont besoin de personne pour leur rappeler leurs valeurs d’obéissance et de loyauté envers l’Institution. Ils rappellent évidemment qu’ils sont aussi des pères de familles, qui on le droit à la souffrance, à la douleur, au déchirement lorsque le jour venu ils quittent épouses et enfants en pleurs. Ces mêmes familles, qui attendront durant des mois leurs retours, sains et saufs. C’est aussi cela la réalité familiale de nos soldats, elle mérite d’être décrite non sans vouloir se plaindre mais pour rappel à l’égard de certaines et certains qui font feu de tout bois.

La rédaction du Journal Le Conscrit remercie publiquement ce militaire  pour avoir pris la parole en tant que père de famille et époux, pour avoir seulement raconté un vécu à valeur HUMAINE, si commun à tant d’autres soldats et leurs familles. Car sous les treillis battent des cœurs de père, mère et conjoint(e) , certaines et certains l’auront oublié !

Mercedes CREPIN

Crédit photo : Onedio.com

 

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