«Pour les Français, le 11 novembre est et doit rester le jour de la victoire !»

En ce jour de Commémoration du Centenaire du 11 Novembre, la libre-parole est donnée à David SAFORCADA ancien soldat des Troupes de marine (3ème Rima).  

Ce 11 novembre 2018 marquera le Centenaire de la victoire des armées alliées sur celles de la Triple Alliance. Le 11 novembre ne symbolise pas la paix, celle-ci sera effective en 1919, mais la fin des combats débutés quatre ans plus tôt à l’été 1914.

Cette date est donc hautement militaire. Militaire au sens global du terme car il englobe tout autant les militaires d’actives, les appelés du contingent et les réservistes mobilisables, sans compter tous les volontaires. Le concept de « civils qu’on a armé » n’a aucun sens dans ce cas, comme il n’en a aucun à chaque fois qu’il s’agit de participer à la défense de la patrie. Depuis la Révolution et la mise en place de la conscription, tous les conflits (sauf l’Indochine et les Opex depuis la Guerre du Golfe) ont vu se battre des engagés et des conscrits au coude-à-coude, sous le même uniforme. Même si la guerre est « une affaire trop sérieuse pour être confiée à des militaires » disait Clemenceau, ce sont les soldats qui l’ont faite, qui y sont morts et qui y ont perdu leur « innocence », non pas par plaisir bien entendu mais avec détermination lorsque retentit l’appel à défendre la patrie.

Alors écarter toutes références militaires au 11 novembre serait une insulte à tous ces hommes, venant des quatre coins de l’hexagone ou de la grande France d’outre-mer, qui ont souffert dans les tranchées, dans le sang et la fange. Ce serait aussi une insulte à l’Histoire que de séparer dans le souvenir les soldats de leurs « chefs ». Si certains chefs ne furent pas à la hauteur, si certains chefs, par leur incompétence, furent responsables de nombreuses pertes, on ne peut pas écarter les 104 généraux tombés au feu, on ne peut pas oublier les pertes considérables chez les officiers (1 sur 4 dans l’infanterie). Tout comme on ne peut oublier les 16 représentants du peuple tués à l’ennemi dont le célèbre Colonel Driant ou bien encore le sacrifice de ces « chefs » dont les enfants étaient en première ligne. Le Président Doumer perdra 4 fils, le Général de Castelnau 3 et ce ne sont pas des cas isolés. Il serait faux de penser, comme certains, que ce que l’on célèbre, c’est l’armée du peuple, celle des Poilus, et pas les militaires d’active hauts gradés ou non. On ne peut pas écarter les Foch, Gallieni, Fayolle, Franchet d’Esperey, Lyautey, Maunoury et autres Joffre, de Castelnau, Lanrezac et même Pétain, qui furent les artisans de la résistance puis de la victoire.

D’autre part, devenons-nous interdire toutes commémorations de victoires au prétexte de ne pas froisser nos amis d’aujourd’hui, ennemis d’hier ? Les Anglais n’ont pas ce genre de considérations lorsqu’il s’agit de commémorer leurs victoires. Il est vrai que depuis 1999 et la période des bicentenaires napoléoniens, la France a brillé par son absence de célébrations, de commémorations, d’hommages, inaugurant ainsi la période de la repentance permanente, poussant la lâcheté à faire participer le Charles de Gaulle au bicentenaire de Trafalgar. Pourquoi devrions-nous avoir honte de notre Histoire, encore plus de nos victoires militaires, et hésiter à les célébrer dignement sans y voir une insulte aux anciens vaincus ?

Pour les Français, le 11 novembre est et doit rester le jour de la victoire !

David SAFORCADA

 

Crédit photo : http://chezmamielucette.eklablog.com/

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